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26 janvier 2009 « L’héritage des survivants »Preserver la memoire – Conserver les lieux authentiques – Assumer les responsabilitesNous, soussignés, survivants des camps de concentration nazis, femmes et hommes, représentons l’ensemble des comités internationaux d’anciens détenus des camps de concentration et de leurs Kommandos extérieurs. Nous commémorons la mémoire de nos familles massacrées et des millions de victimes assassinées en ces lieux de cendre. Leur persécution et leur élimination – pour des motifs racistes, politiques, religieux, sociaux, biologiques et économiques – et une guerre criminelle ont conduit le monde au bord du gouffre et ont laissé un bilan terrible. Après notre libération, nous avons juré de construire un monde neuf, de paix et de liberté. Nous nous sommes engagés pour que ne se reproduisent plus ces crimes sans précédent. Inlassablement, nous portons témoignage et nous informons les jeunes de notre vécu, de notre expérience et de ce qui en fut la cause. Nous sommes blessés et révoltés de constater aujourd’hui que le monde n’a pas suffisamment tiré les leçons de notre histoire. Les citoyens et les Etats ont le devoir de continuer ce travail de mémoire et de commémoration. Les anciens camps sont aujourd’hui des témoins de pierre: ce sont des lieux de crimes, des cimetières internationaux, des musées et des lieux d’apprentissage de l’Histoire. Ce sont des preuves contre le négationnisme et la banalisation ; ils doivent être préservés à jamais. Ce sont des lieux de recherche scientifique et d’engagement éducatif: l’encadrement pédagogique des visiteurs doit être assuré de manière satisfaisante. Les crimes contre l’humanité commis par les nazis sont sans précédent, tout particulièrement l’holocauste. Ils ont été perpétrés sous la responsabilité de l’Allemagne. L’Europe aussi a une mission à remplir: l’Histoire, qui doit faire prévaloir les idéaux de démocratie, de paix, de tolérance, d’autodétermination et des droits de l’Homme, est trop souvent dévoyée pour semer la discorde entre les Hommes, les communautés et les peuples. Nous refusons la mise en équivalence des culpabilités, la hiérarchisation de la souffrance, la concurrence entre les victimes et l’amalgame des phases historiques. Nous appuyons l’appel lancé en 2004 devant le Parlement Fédéral Allemand par l’ancienne présidente du Parlement Européen et survivante d’Auschwitz, Simone Veil, en faveur de la transmission de la mémoire: “L’Europe devrait connaitre et reconnaitre son passé commun comme un tout, avec ses pages de lumière et ses pages d’ombre; chaque Etat membre devrait connaitre et reconnaitre ses erreurs et ses défaillances, et être en paix avec son propre passé pour pouvoir être en paix avec le passé de ses voisins.” Nos rangs se clairsement. Dans toutes les instances nationales et internationales de nos associations, des femmes et des hommes prennent la relève de la Mémoire à nos côtés. Ils nous rendent confiants en l’avenir et continuent notre travail. C’est avec eux que doit se poursuivre le dialogue entamé avec nous. Pour pouvoir assumer cette tâche, ils doivent pouvoir bénéficier du soutien de l’Etat et de la société. Nous invitons les jeunes générations à poursuivre notre lutte contre l’idéologie nazie et pour un monde juste, un monde de paix et de tolérance, un monde qui devrait être libéré de tout antisémitisme, racisme, xénophobie et extrêmisme fascisant.
Berlin, le 25 janvier 2009
Noach Flug (Jerusalem) Sam Bloch (New York) Bertrand Herz (Paris) Max Mannheimer (München) Uri Chanoch (Jerusalem) Jack Terry (New York) Albert van Hoey (Brüssel) Robert Pinçon (Tours) Annette Chalut (Paris) Pierre Gouffault (Paris)
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