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29.3.2011
Obama : Je reviendrai
Le président Obama en visite en Pologne le 28 mai 2011
À l'occasion d'une cérémonie devant le Mémorial du ghetto de Varsovie – en face du bâtiment en construction du Musée de l'histoire des Juifs de Pologne – le président Obama a eu un long entretien très intense avec notre collègue de la rédaction, Marian Turski (et a interrompu à cet effet le programme de sa visite). De quoi a-t-il été question ?
Marian Turski : Je suis le président du conseil du musée mentionné ci-dessus. Les partenaires de ce projet de construction, la maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz et le ministre de la culture, Bogdan Zrojewski, m'avaient prié de présenter ce projet de musée à notre invité. J'ai donc rapporté au président Obama que le musée était édifié pour la Pologne, notamment pour les jeunes Polonais afin que ceux-ci puissent combler le vide virtuel existant aujourd'hui après 800 ans de présence des Juifs en Pologne. Le musée s'adressera également aux Juifs hors de Pologne mais, en particulier, aux nombreux jeunes Israéliens afin qu'ils puissent apprendre à connaître leurs racines polonaises. Pendant des siècles, la plus grande et plus importante diaspora juive d'Europe a vécu en Pologne.
J'ai parlé assez vite puis, je me suis interrompu pour reprendre mon souffle et, à ce moment-là, le président m'a demandé : Et qu'en est-il des autres – des gens comme moi ? J'ai répondu : Le musée doit rappeler à tous la contribution des Juifs polonais à la civilisation, à la science, aux sciences économiques et sociales, aux courants spirituels ou à la culture en général, Hollywood aussi en est un brillant exemple. A la question du président concernant le cours de mon destin personnel, j'ai répondu que j'étais un survivant d'Auschwitz, que là-bas mon père et mon frère avaient été assassinés et que le musée sera pour eux un signe de la mémoire ; que pour moi, le rétablissement de la mémoire était plus important que le rétablissement de la propriété.
Mais je pense que le président a été le plus ému – j'ai pu le voir et le ressentir car il m'a serré la main puis a posé sa main sur mon bras – par l'épisode de ma vie lié à ma participation à la célèbre marche de Selma (Alabama) à Montgomery, en mars 1965. Jadis, j'ai marché avec Martin Luther King et son suppléant et successeur, Ralph Abernathy. Le président m'a demandé : - Pourquoi es-tu allé là-bas ? J'ai répondu : Tout simplement par solidarité avec tous ceux qui se sont battus pour leurs droits civiques contre la ségrégation raciale. Le président a interrompu mon récit à plusieurs reprises par les mots fantastic, fantastic et a dit alors, visiblement ému : - Merci, c'est grâce à des hommes comme toi que je suis devenu président des Etats-Unis. Le président a conclu en disant : Je viendrai à l'inauguration du musée, je viendrai avec ma fille…
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