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Sea-Lavender Cover

 

Eva Fahidi et la compagnie de Budapest « The Symptoms » à Berlin

Je danse mon trauma

Eva Fahidi et Emese Cuhorka
Eva Fahidi et Emese Cuhorka 

Une scène carrée, drapée de rideaux noirs. Seul le premier rang du public est au même niveau que la scène, tous les autres spectateurs sont assis comme dans un amphithéâtre. Sur les côtés, des projecteurs. Deux femmes apparaissent par l’un des rideaux noirs. La plus jeune a une trentaine d’années. Elle s’appelle Emese Cuhorka. Short court blanc, tricot de corps blanc. Jambes nues, pieds nus, pas de bijoux, pas de maquillage. Un doux visage, des cheveux bouclés roux clair. La femme à ses côtés est plus petite. Des cheveux blancs, un t-shirt blanc à manches longues, un legging blanc, des pieds nus. Elle est plus âgée. Presque trois fois plus âgée. Elle a 90 ans. Elle s’appelle Eva Fahidi, est originaire de Hongrie et a survécu au camp de la mort d’Auschwitz. Les deux femmes s’avancent vers le public, s’arrêtent côte à côte, sourient.

C’est ainsi que commence la prestation de presque deux heures de la compagnie de danse de Budapest « The Symptoms ». Eva Fahidi fait partie de cette compagnie. « Sea-Lavender oder Die Euphorie des Seins » (« Sea-Lavender ou l’euphorie de l’être »), tel est le titre de la pièce que les deux femmes ont déjà présentée à Budapest. Peu avant le 71e anniversaire de la libération d’Auschwitz, à Berlin. Au théâtre TAK, à la Aufbau Haus dans le quartier de Kreuzberg. À quelques mètres seulement de la scène se trouvait autrefois la synagogue de l’association « Ahawas Reim » (Amour du prochain). À cet endroit de la ville, aucune pierre n’est restée debout. Une plaque commémorative raconte cette histoire. Tout de même !

Une femme de 90 ans qui a survécu à l’Holocauste : peut-elle se mettre à la place d’une jeune femme d’aujourd’hui ? C’est la pensée qui préoccupe Eva Fahidi et la danseuse Emese Cuhorka. La pensée qui nourrit leur pas de deux. Les deux femmes dialoguent pendant leur jeu de scène. Elles se posent des questions, elles donnent des réponses. Elles s’accordent et se rapprochent l’une de l’autre pendant près de deux heures, avec une intention que le public ressent jusqu’au plus profond de lui-même. De manière naturelle, comme si elles étaient originaires d’une même famille. Comme si elles avaient toujours été unies. Eva Fahidi surmonte la fatigue causée par la représentation. Elle laisse à l’auditoire un battement de cœur. « Je souhaite me montrer avec mon trauma, avec ma souffrance » dit-elle. « Néanmoins, je suis une personne heureuse. Je jouis de la vie, je fais cela parce que je le désire ».

C’est le message de la soirée.

 

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