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Marian Turski, survivant d’Auschwitz et vice-président du CIA lors de l’inauguration du « B » 
Marian Turski, survivant d’Auschwitz et vice-président du CIA lors de l’inauguration du « B »  
 

Inauguration du « B » à Cassel [Allemagne], le 12 juin 2017

Symbole de la résistance et de l’encouragement à réaliser des petites choses

La ville de Cassel [Allemagne] affiche des préférences tout à fait claires : pendant toute la durée de la plus grande exposition d’art contemporain, l’ensemble de la zone urbaine « appartient » exclusivement à la documenta et à ses œuvres d’art. Cette année, l’administration a permis une grande exception en faveur du Comité international d’Auschwitz. Le 12 juin, jour de l’anniversaire d’Anne Frank, la sculpture de la mémoire, le « B », a été installée dans la Treppenstrasse à Cassel. Cette sculpture représente la lettre « B » mise à l’envers, figurant dans l’inscription cynique « ARBEIT MACHT FREI » [Le travail rend libre] située au-dessus du portail à l’entrée du camp d’Auschwitz.

Devant un parterre de près de 150 invités, le conseiller municipal, Hajo Schuy, a souligné dans un discours touchant et chargé d’émotion que la ville, après mûre réflexion, avait décidé de faire installer la sculpture au cœur du centre-ville. Trop évidente aux yeux de la ville était l’importance du souhait des survivants, en liaison avec l’histoire des personnes concernées et le message de la sculpture.

Parmi les invités présents à la cérémonie figuraient la survivante italienne d’Auschwitz, Albina Moimas, l’artiste française, Michèle Déodat, à qui l’on doit l’idée de la sculpture, et le survivant d’Auschwitz et vice-président polonais du Comité international d’Auschwitz, Marian Turki. Dans son discours d’ouverture, ce dernier a expliqué l’importance pour les prisonniers, dans la vie quotidienne du camp, de ce message contenu dans une seule lettre mise secrètement à l’envers, en tant que symbole de la résistance et de l’encouragement à réaliser des petites choses. Il a remercié Michèle Déodat qui a su rappeler aux survivants d’Auschwitz et à l’opinion publique mondiale l’importance du « B » et de son message à l’époque actuelle.

Apprentis lors de leur prestation
Apprentis lors de leur prestation 

Des apprentis des sociétés Audi et Volkswagen AG de Cassel, Wolfsburg et Ingolstadt ont présenté, conjointement avec des élèves polonais de l’école professionnelle de Bielsko-Biala, une prestation honorant la mémoire de la survivante d’Auschwitz, originaire de Cassel, Rosa Ehrlich-Goldstein, et d’Anne Frank née en 1929, à Francfort : « Nous rappelons. Contre la haine. Contre l’antisémitisme. Contre la peur. Et pour l’espérance ! »
 
Au sein de la documenta 14, la sculpture du « B » voisine avec de nombreuses autres œuvres d’art rappelant les horreurs et les leçons de l’Holocauste. Inquiétante, la fumée que l’artiste suisse, Daniel Knorr, fait sortir d’une tour du Fridericianum [musée public] située près de la sculpture et que l’artiste associe également à la fumée s’élevant au-dessus de Birkenau et d’autres camps d’extermination. À quelques centaines de mètres seulement du lieu où se trouve la sculpture du Comité international d’Auschwitz, on peut voir également, dans l’ancien poste de garde de la ville de Cassel, drapé de sacs de jute par l’artiste ghanéen, Ibrahim Mahama, en mémoire de la détresse des réfugiés, le projet d’un monument commémoratif d’Auschwitz conçu par l’architecte suédois, Oskar Hansen. En 1959, dans le cadre d’un appel d’offres du Comité international d’Auschwitz, ce projet a obtenu le premier prix d’un jury placé sous la direction du sculpteur Henry Moore.

Le thème de la détresse des personnes persécutées et des réfugiés est également repris par l’artiste nigérian, Olu Oguibe, sur la Königsplatz de Cassel : sur la pointe d’un obélisque haut de seize mètres, se trouve, traduit en plusieurs langues, le verset de la bible « J’étais étranger et vous m’avez recueilli. » Et enfin, au bout de la Treppenstrasse, sur la Friedrichsplatz, l’artiste argentine, Marta Minujín, a fait ériger en grandeur nature son « Parthénon des livres interdits » qui rappelle la persécution d’écrivains, courante dans de nombreux pays, et la censure frappant leurs livres. Le Comité international d’Auschwitz a également participé à l’édification du Parthénon en fournissant des livres.

Ainsi donc, la sculpture du « B » reflète et complète également les intentions de nombreux artistes exposés à Cassel, par son message essentiel des survivants d’Auschwitz : « Remember : lorsque des injustices sont commises, lorsque des hommes sont discriminés et persécutés – ne restez pas indifférents. L’indifférence tue. »

 
Lors de l’ouverture : Hajo Schuy, conseiller municipal
Lors de l’ouverture : Hajo Schuy, conseiller municipal
 

Michèle Déodat, l’artiste à qui l’on doit l’idée de la conception artistique de la sculpture.

Michèle Déodat, l’artiste à qui l’on doit l’idée de la conception artistique de la sculpture.